Ce qu'on trouve toujours au premier mois
Quatre constats reviennent chez presque tous les nouveaux clients. Aucun n'est grave. Tous faussent une projection.
Le premier cycle chez un nouveau client sert autant à mesurer l’état des données qu’à produire un rapport. Voici ce qui revient le plus souvent, et pourquoi ça compte pour la trésorerie.
Précision utile d’entrée de jeu : rien de tout ça ne signale une mauvaise tenue de livres. Ce sont des points aveugles structurels, présents dans des comptabilités par ailleurs bien tenues.
Les livres ne sont pas fermés
Aucune date de clôture configurée, donc n’importe quelle période peut bouger après coup. C’est le constat le plus fréquent, et le plus facile à corriger : trois clics dans les paramètres.
Sa conséquence est en revanche difficile à rattraper. Tant que les périodes restent ouvertes, on ne peut pas distinguer un écart d’exploitation d’une écriture repassée après coup.
L’amortissement est passé une fois par an
Le cabinet comptable calcule l’amortissement à la fin de l’exercice, en une écriture. C’est parfaitement correct pour l’annuel.
Pour le mensuel, ça veut dire que onze mois affichent un bénéfice surévalué et que le douzième absorbe toute la charge. Sur un rapport de gestion, la distorsion est majeure : elle peut représenter plusieurs points de marge.
Le correctif est simple, une écriture mensuelle de régularisation, mais il demande une conversation avec le cabinet.
Des dépenses sans fournisseur attaché
Des achats significatifs enregistrés sans tiers. Souvent des transactions importées automatiquement du relevé bancaire et jamais complétées.
Effet direct : ces montants échappent à toute analyse par fournisseur, et surtout ils ne peuvent pas être rattachés à un chantier ou à un projet. Dans une entreprise qui suit sa rentabilité par projet, c’est un trou dans le coût de revient.
Des écritures de journal muettes
Des écritures manuelles sans description de ligne, parfois la majorité d’entre elles. Une écriture sans libellé est invisible à toute revue : ni son motif ni son auteur ne se retrouvent six mois plus tard.
Là encore, ce n’est pas une faute, c’est une habitude. Elle devient coûteuse le jour où quelqu’un doit comprendre pourquoi un compte a bougé.
Ce qu’on en fait
Ces constats ne sont pas un bulletin. Ils servent à deux choses : établir ce qui doit être corrigé en priorité, et calibrer la confiance qu’on peut accorder à chaque partie du modèle.
Un dirigeant qui sait que son amortissement est annuel lit son résultat mensuel autrement. C’est déjà un gain, avant même la première projection.
La plupart de ces points se règlent dans les deux premiers mois. Ce qui reste après six mois relève rarement de la technique, et presque toujours d’un arbitrage que quelqu’un doit trancher.